Gouverner, c’est décider, agir et répondre des résultats obtenus.
La reconstruction industrielle de la France exige une méthode capable de transformer les engagements en réalisations. Une orientation doit être préparée, financée, mise en œuvre et évaluée. Les citoyens doivent pouvoir comprendre les choix effectués et juger leurs résultats.
Dans L’ÉCONOMICIDE FRANÇAIS, je défends une gouvernance industrielle fondée sur quatre exigences : tester, décider, mesurer et rendre des comptes.
Tester les décisions avant de les généraliser
Une réforme peut poursuivre un objectif légitime et produire des effets contraires à ceux attendus. Avant de l’engager, il faut examiner ses conséquences économiques, sociales, industrielles et environnementales.
Que changera-t-elle pour une PME, une exploitation agricole, un salarié ou un investisseur ? Quels coûts entraînera-t-elle ? Quelles dépendances pourrait-elle créer ? Les compétences et les infrastructures nécessaires sont-elles disponibles ?
Je propose de renforcer la simulation des décisions et, lorsque cela s’y prête, l’expérimentation dans des territoires pilotes. Les hypothèses doivent être explicites, les limites reconnues et les résultats examinés avant toute extension.
Tester permet d’apprendre assez tôt pour corriger une décision avant que ses conséquences deviennent difficiles à inverser.
Décider avec des objectifs, des moyens et un calendrier
Une politique industrielle doit préciser ce qu’elle cherche à obtenir : reconstruire une filière, réduire une dépendance critique, développer une compétence ou remettre une capacité de production en activité.
Chaque objectif doit être accompagné d’un financement réaliste, d’un calendrier et d’un responsable identifié. Les entreprises doivent connaître leurs interlocuteurs et les étapes nécessaires à l’avancement de leurs projets.
Je défends un pilotage industriel doté d’une capacité d’arbitrage entre les politiques énergétiques, agricoles, fiscales, de formation et d’aménagement du territoire. Leur cohérence doit permettre aux producteurs de se projeter dans la durée.
Une décision engage celui qui la prend et les moyens qu’il accepte de mobiliser pour la réaliser.
Mesurer la production et les résultats réels
Un investissement annoncé ne se confond pas avec une usine en activité. Un financement accordé ne démontre pas, à lui seul, l’efficacité d’un dispositif.
L’évaluation des politiques industrielles doit suivre des résultats concrets : capacités de production opérationnelles, emplois durables, compétences acquises, investissements réalisés et dépendances réduites.
Les indicateurs doivent être définis dès le départ, à partir d’une situation de référence. Ils doivent aussi permettre de distinguer les créations d’activité des simples déplacements entre territoires et de tenir compte des fermetures.
La qualité des emplois, la pérennité des entreprises et les conséquences environnementales doivent faire partie de cette appréciation.
La réussite se mesure à ce qui fonctionne durablement sur le terrain.
Rendre des comptes sur les engagements pris
Les citoyens doivent pouvoir comparer les objectifs annoncés aux résultats obtenus. Cela suppose des bilans accessibles, publiés à échéances régulières, qui présentent les avancées, les retards, les coûts et les difficultés.
Je propose une évaluation indépendante du pouvoir politique, disposant des compétences et de l’accès aux données nécessaires pour examiner les politiques engagées.
Ses conclusions doivent être rendues publiques et recevoir une réponse motivée des responsables concernés. Lorsqu’un dispositif échoue, il faut expliquer pourquoi, préciser les corrections et fixer une nouvelle échéance.
Cette responsabilité doit être organisée dans la durée, y compris lorsque les équipes ou les mandats changent.
Simplifier les normes et vérifier leur utilité
La gouvernance industrielle doit aussi s’intéresser aux règles qui encadrent la production. Chaque nouvelle exigence devrait être examinée au regard de son objectif, de son coût et de sa mise en œuvre concrète.
Je propose une instance d’examen des normes pour identifier les contradictions, les doublons et les obligations devenues inutiles. Les entreprises, les acteurs agricoles, les salariés et les professionnels concernés doivent pouvoir faire remonter les difficultés rencontrées.
Une règle doit pouvoir être réexaminée lorsque ses effets s’écartent de l’objectif poursuivi. La protection des personnes et de l’environnement gagne à s’appuyer sur des exigences compréhensibles, applicables et évaluées.
Associer ceux qui produisent et ceux qui vivent les décisions
Une stratégie nationale doit se construire au contact des réalités locales. Dirigeants, salariés, agriculteurs, ingénieurs, artisans, chercheurs et organismes de formation apportent des connaissances indispensables à sa préparation.
Les collectivités contribuent à relier les projets aux besoins des territoires : foncier, énergie, logements, transports et compétences. Les citoyens doivent également pouvoir comprendre les arbitrages et contribuer au débat.
Cette participation doit intervenir assez tôt pour améliorer les décisions. Elle doit aussi permettre d’identifier rapidement les obstacles pendant leur exécution.
Faire de 2027 une exigence de résultats
En 2027, demandons aux candidats de préciser comment leurs propositions seront mises en œuvre. Quels moyens prévoient-ils ? Dans quels délais ? Sous quelle responsabilité ? Avec quelle évaluation ?
La souveraineté industrielle et alimentaire, l’emploi et l’avenir des jeunes méritent des engagements que chacun pourra suivre et vérifier.
Le livre propose de mettre cette exigence au cœur de la reconstruction : préparer les décisions, organiser leur exécution et rendre leurs résultats visibles.
La confiance se construit lorsque les engagements deviennent vérifiables et que les responsables répondent de leur action.