Reconstruire la France, c’est lui redonner les moyens de produire, d’innover et de décider de son avenir.
La réindustrialisation de la France demande une stratégie qui relie les filières industrielles et agricoles, l’énergie, les compétences, le financement et les territoires. Une entreprise investit lorsque ces conditions sont réunies et qu’elle peut se projeter dans la durée.
Dans L’ÉCONOMICIDE FRANÇAIS, je propose de traduire cette ambition en projets concrets, avec des priorités, des responsables identifiés et des résultats mesurables.
Reconstruire les filières industrielles et agricoles essentielles
La première étape consiste à identifier les productions dont nous devons retrouver ou préserver la maîtrise. Agriculture, agroalimentaire, santé, électronique, énergie, mécanique, matériaux : chaque filière stratégique doit être examinée pour repérer les dépendances critiques et les compétences à développer.
L’agriculture doit prendre toute sa place dans cette reconstruction. Produire notre alimentation suppose de préserver les exploitations, de faciliter leur transmission et de maintenir les capacités de transformation sur notre territoire. La souveraineté alimentaire dépend aussi de l’accès à l’eau, à l’énergie, aux semences, aux équipements et aux autres moyens nécessaires à la production.
Cette démarche concerne également l’industrie du quotidien : textile, meubles, électroménager ou outillage. Produire ces biens en France peut soutenir l’emploi local, entretenir les savoir-faire et renforcer notre tissu de PME industrielles.
L’objectif est de reconstruire les chaînes de valeur, en reliant les producteurs, les fournisseurs, les fabricants, les sous-traitants et les débouchés. Une exploitation agricole comme une usine doit pouvoir s’appuyer sur un environnement économique capable de grandir avec elle.
Notre souveraineté dépend de ce que nous sommes capables de maîtriser tout au long de la production, jusqu’au produit fini.
Retrouver une énergie fiable et compétitive
L’énergie conditionne la possibilité de produire, de moderniser les usines et de développer de nouvelles activités. Les entreprises et les exploitations agricoles ont besoin de prix compétitifs et d’une visibilité suffisante pour engager leurs investissements.
Je défends une stratégie fondée sur nos atouts nucléaires et hydrauliques, leur entretien et leur développement. Notre capacité de production électrique doit bénéficier aux entreprises comme aux ménages.
L’électrification des procédés industriels doit également être préparée : capacités disponibles, raccordements et infrastructures doivent accompagner les projets.
Une énergie compétitive doit soutenir à la fois la production, les emplois et le pouvoir d’achat.
Redonner aux entreprises les moyens de produire en France
Reconstruire notre industrie suppose de rendre l’investissement productif plus attractif. Le livre propose notamment de supprimer les impôts de production, de simplifier les normes et de raccourcir les délais administratifs.
Pour un dirigeant, cela doit se traduire concrètement : savoir à qui s’adresser, connaître les exigences applicables et obtenir une décision dans un calendrier prévisible.
La simplification doit préserver les protections utiles tout en supprimant les doublons, les contradictions et les procédures qui mobilisent des ressources sans bénéfice démontré.
La transmission des entreprises mérite la même attention. Préserver une entreprise de production viable, ses équipes et ses clients contribue directement à la continuité de notre appareil industriel. Dans l’agriculture, faciliter la reprise des exploitations participe également au maintien des productions et à la vitalité des territoires.
Former, transmettre et moderniser
La reconstruction productive repose sur les femmes et les hommes qui cultivent, conçoivent, fabriquent, entretiennent et améliorent les produits. L’apprentissage et la formation doivent être construits au contact des besoins des entreprises, des exploitations agricoles et des perspectives des territoires.
Il faut donner aux jeunes une vision attractive des métiers industriels et agricoles : des métiers techniques, des possibilités d’évolution et une contribution concrète à l’avenir du pays.
Cette transmission doit accompagner la modernisation des outils de production. Robotique, intelligence artificielle et outils numériques doivent aider les entreprises à améliorer la qualité, les conditions de travail et leur compétitivité. Dans l’agriculture, ces technologies doivent aussi contribuer à une meilleure maîtrise des ressources et des contraintes de production.
Notre ambition doit être de développer les technologies et les compétences qui permettront à la France de prendre sa place dans la production de demain.
Transmettre nos savoir-faire et préparer les nouvelles compétences doivent avancer ensemble.
Financer les projets et les ancrer dans les territoires
Une stratégie de reconstruction doit permettre aux projets viables de trouver des financements adaptés à leur durée et à leurs risques. Il faut relier les besoins des entreprises aux investisseurs, aux banques et aux dispositifs publics, avec des objectifs lisibles.
Les moyens engagés doivent servir à créer ou à renforcer des capacités de production. Leur efficacité doit être appréciée à partir des investissements réalisés et des résultats obtenus.
Dans les territoires, les projets doivent réunir les entreprises, les acteurs agricoles, les collectivités, les organismes de formation et les acteurs du financement. Foncier, friches industrielles, énergie, logements et transports doivent être anticipés pour permettre aux activités de s’implanter durablement.
Le rapprochement entre agriculture et transformation agroalimentaire doit également permettre de conserver davantage de valeur dans les territoires et de renforcer les débouchés des producteurs.
Une ambition concrète : 20 filières, 10 territoires, 100 usines
Le livre propose une ambition de reconstruction organisée autour de 20 filières stratégiques, 10 territoires pilotes et 100 usines en cinq ans.
Ces objectifs constituent une proposition à mettre en œuvre et à évaluer. Chaque projet doit reposer sur des besoins identifiés, des débouchés crédibles, des compétences disponibles ou à former et un financement construit.
Les territoires pilotes permettraient d’expérimenter cette méthode, d’identifier les obstacles et de corriger les dispositifs avant de les étendre.
La réussite devra être appréciée sur la production réellement engagée, la pérennité des activités, les emplois créés et les dépendances réduites.
Une gouvernance industrielle qui répond des résultats
La réindustrialisation exige une continuité dans les décisions et une responsabilité dans leur exécution. Pour chaque priorité, il faut définir un calendrier, des moyens et un pilote capable de coordonner les acteurs.
Une évaluation indépendante doit permettre de comparer les engagements aux réalisations, d’expliquer les écarts et de corriger les actions inefficaces.
Cette gouvernance industrielle doit aussi assurer la cohérence avec les politiques agricoles, énergétiques et de formation. Elle est une condition de confiance pour les entreprises comme pour les citoyens. Chacun doit pouvoir comprendre ce qui est décidé, ce qui est financé et ce qui est obtenu.
Reconstruire nos capacités industrielles et agricoles, c’est donner à nos jeunes des raisons de rester, de revenir, d’entreprendre et d’innover en France.